Que faire des déchets ménagers dangereux …dans notre belle île …en 2011?

Chacun de nous est confronté à cette question : que faire de ses piles et lampes usagées, de ses restes de médicaments,  de peinture, colles, vernis, produits de débouchage des lavabos ou de nettoyage du four  … et  de bien d’autres déchets non banals ?

Ce sont des déchets toxiques qui nécessitent un traitement particulier. Il est donc logiquement interdit aussi bien de les mettre dans les poubelles destinées à la collecte des ordures ménagères, que de les brûler dans son jardin ou encore de les déverser dans les égouts ou de s’en débarrasser  dans des décharges sauvages ou sur des terrains vagues.

Ce qu’il ne faut pas en faire est clair. On le sait et, en citoyen responsable, respecte l’environnement.

Mais comment s’en défaire ?

C’est là que ça se complique singulièrement …hic et nunc !

Sauf pour les vieux thermomètres à mercure et les restes de médicaments qu’il suffit de rapporter au pharmacien qui ne fait et ne fera  aucune difficulté pour nous en débarrasser…

Pour avoir tenté à 3 reprises entre mai et septembre, dans deux  importantes surfaces commerciales de Basse-Terre, de rapporter des piles, lampes « basse-consommation » (contenant du mercure et donc potentiellement toxiques), ainsi que des cartouches vides d’encre pour imprimante, je peux malheureusement dire que la seule solution convenable est pour l’heure de les stocker chez soi. On ne m’a pas dissimulé dans ces commerces que si je les y déposais, (ce qui serait normal car les surfaces de vente sont aussi les lieux de collecte pour la clientèle), ces détritus finiraient dans les poubelles ordinaires destinées à la collecte des ordures ménagères, pour la bonne et simple raison que le prestataire qui en assurait la collecte ne l’assure plus.

Je suis alors  rentrée chez moi avec mes déchets…

Il n’est pas inutile à ce stade de rappeler quelques exigences réglementaires : les piles et accumulateurs usagés doivent faire l’objet d’une collecte séparée et recevoir ensuite un traitement adapté à leur nature, dans des installations autorisées, en favorisant autant que possible la valorisation matière afin de permettre la réutilisation des métaux qu’ils contiennent zinc, plomb, mercure, nickel, cadmium…On tremble à l’idée que des métaux lourds pourraient se retrouver dans l’eau ou dans les terres cultivables.

 

L’expérience du chlordecone devrait rester unique et faire réfléchir. Cela ne semble malheureusement pas le cas.

 

La gestion des déchets est une question encore mal réglée en Guadeloupe. Elle est de la responsabilité de l’ensemble des collectivités territoriales, des services déconcentrés de l’Etat, de l’ADEME et enfin de divers éco-organismes agréés.

 

Chaque acteur a sa partition à jouer.

Les communes ou leurs groupements ont la responsabilité de la gestion de la collecte et du traitement des déchets des ménages.

—La collectivité départementale est chargée de l’élaboration et du suivi du plan d’élimination des déchets ménagers et assimilés ; ce plan est un outil de prévision et de planification.

—A la Région incombe l’élaboration et le suivi du plan d’élimination des déchets dangereux, y compris les déchets d’activités de soins à risque infectieux.

—Les services de l’Etat instruisent les demandes d’exploitation au titre de la législation sur les installations classées et doivent veiller au respect du code de l’environnement. Le préfet dispose d’une autre arme, le contrôle de la légalité des décisions prises par les collectivités.

—A l’ADEME revient la définition de la stratégie d’action et  la mise au point et le suivi d’une base de données sur les modes de gestion des déchets en France.

—Enfin, dans l’idée du « pollueur-payeur » des éco-organismes agréés ont mission de favoriser l’élimination des déchets générés par l’activité des entreprises qui mettent sur le marché les produits dont ils proviennent. Ainsi, ECO EMBALLAGES  et ADELPHE veillent à  l’élimination des emballages, COREPILE et SCRELEC des piles et déchets d’équipement électrique, OCAD3E, ERP, ECOLOGIC, ECOSYSTEMES et RECYCLUM des lampes usagées, ALIAPUR des pneus, ECOFOLIE des imprimés publicitaires …Au moins sur le papier, à supposer que tous ces éco-organismes soient présents en Guadeloupe, tout est prévu … et va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

La Région et le département  ont élaboré les plans d’élimination leur incombant. Ce n’est sans doute pas là que le bât blesse même si un plan n’est jamais parfait.

Les éco-organismes RECYCLUM (qui représente les fabricants de lampes et de tubes fluorescents et qui est responsable des lampes et des tubes usagés sauf les lampes à filaments qui sont des déchets banals) et COREPILE (qui a pour vocation d’organiser la collecte et le recyclage des piles et accumulateurs portables usagés)  ont, ou plutôt avaient, déniché une entreprise locale pour assurer la collecte des lampes et des piles usagées dans les surfaces commerciales qui les commercialisent.

Hélas, la collecte de ces déchets n’est plus assurée depuis plusieurs mois. Que s’est-il donc passé ? On aimerait le savoir et,  par-dessus tout, que la collecte reprenne.

Il n’y a pas eu, à ma connaissance, d’information de la population ni aucune consigne.

 La situation actuelle est non seulement  illégale mais inacceptable et il faut s’étonner qu’elle laisse la population relativement indifférente alors pourtant qu’elle n’est pas dispensée de l’éco-contribution, qu’elle paye donc un service qui ne lui est pas rendu et que cette grave lacune est génératrices de risques sérieux..

 

Cette passivité révèle l’insuffisante prise de conscience des dangers pour la santé, la salubrité  et le milieu à court, moyen et long terme d’une mauvaise gestion des déchets. Les associations de protection de l’environnement sont encore timides et discrètes et parfois plus promptes à s’opposer aux projets susceptibles d’améliorer in fine la situation qu’à s’insurger contre les dépôts sauvages de toute nature, l’absence de ramassage des déchets ménagers toxiques et plus généralement de tri sélectif. Il faut que cela change pour que les édiles locaux  soient eux-mêmes enfin totalement déterminés à avancer sans traîner les pieds,  pour en finir avec les mauvaises habitudes ancestrales,  et mettre en place enfin une collecte sélective qui pour l’heure est à l’état embryonnaire et seulement  dans quelques communes.

 

Même pour le développement touristique, vital économiquement, c’est important. Les touristes repartent souvent en disant « la Guadeloupe est belle, dommage qu’elle soit sale! ». On aimerait ne plus entendre ça. « La Guadeloupe propre est belle » ne doit pas rester un slogan.

 

 

Héloïse

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