La chute démographique en Guadeloupe.

Des chiffres qui donnent le vertige


Les naissances diminuent, la population vieillit, les décès augmentent.

Le nombre de naissances dans l’archipel a diminué de 14% entre 2023 et 2024 et de 90% entre 2000 et 2024. Jusqu’en 2007, elles dépassaient 6000 ; 5000 entre 2008 et 2014 et 4000 entre 2015 à 2023. En 2024, 3608 naissances ont été enregistrées. Une nouvelle barre symbolique a été franchie.

Le nombre des IVG (3293 en 2023) approche désormais celui des naissances. Le taux de recours à l’IVG est près de 3 fois supérieur au taux national. Si la Guyane détient le record des Outremers avec un taux de 48,9, la Guadeloupe se classe 2ème ; le taux de recours à l’IVG  est de 33,1 en Martinique, de 25,4 à la Réunion et de 15,44 à Mayotte. De telles différences posent sérieusement question.  

Mais ce n’est pas le taux de recours à l’IVG qui explique, du moins en grande part, la chute de la natalité ; la contraception, si elle était, comme il est permis d’espérer, davantage pratiquée, pourrait avoir un effet comparable. Le départ de nombreux jeunes adultes vers l’Hexagone ou l’étranger pour effectuer des études irréalisables sur le territoire et s’assurer un avenir professionnel que la situation économique locale est incapable de leur garantir, joue à cet égard un rôle prépondérant.

Une autre cause réside dans une évolution de la conception de la famille et du rapport entre sexualité et procréation qui génère une baisse de l’indice de fécondité.  Entre 2011 et 2022, la part des couples sans enfant a augmenté sensiblement. En 2022, 30608 couples représentant 28,3% de l’ensemble n’avaient pas d’enfants.

La population  est passée de 404635 habitants en 2011 à 383569 en 2022 et selon les données provisoires de l’INSEE, elle serait désormais de 380387 habitants. Selon ces mêmes données provisoires, en 2025, 27% des habitants ont moins de 25 ans et 33% ont 60 ans ou plus… Ce vieillissement ne peut que se poursuivre et s’amplifier puisque la tranche des 0 à 4 ans, est passée de 21,5% de la population en 2011 à 16,8% en 2022 et que la population en âge de procréer a diminué d’un tiers.

4000 décès ont été enregistrés en 2024. De 2006 à 2015, la Guadeloupe enregistrait (sauf en 2014) moins de 3000 décès/an. A partir de 2016 jusqu’en 2023, (à l’exception de 2021 et 2022, années COVID), ce nombre était inférieur à 4000. A la seule exception de l’année 2021 marquée par une forte mortalité liée au COVID dans un contexte de réticence à la vaccination, la Guadeloupe n’avait jamais eu plus de décès que de naissances.

Quelles peuvent être les conséquences d’une telle évolution démographique en termes de perspectives de développement économique et social ?  La question mérite réflexion.

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