Tenue vestimentaire des élèves.

 

La rentrée scolaire a donné lieu en Guadeloupe à des mouvements de contestation inhabituels jusqu’ici de la part des élèves d’un lycée d’enseignement professionnel. Ces élèves ont estimé que le proviseur avait outragé leur liberté en formulant des exigences quant à leur présentation.

 

Liberté, liberté chérie

 

Cette révolte qui va jusqu’au refus de certains élèves d’être scolarisé pour des questions tenant à la longueur ou à la coupe des cheveux et à l’allure générale pose la question de la liberté et de ses limites.

 

Sans être élevée au rang des libertés fondamentales, la liberté d’apparence est un grand principe dans notre société. Mais la liberté de chacun a comme limite celle d’autrui et le respect qu’on doit aux autres. La vie en groupe impose inévitablement des limites aux libertés individuelles.

 

Ainsi, ne suis-je pas libre de me promener nue même si je suis adepte du naturisme et que le climat le permet, parce que ma nudité est choquante pour les autres et parce que le respect que j’ai pour eux m’interdit de les provoquer.

Un autre exemple, moins caricatural et touchant à la laïcité illustre les limites à la liberté de chacun de se comporter dans le groupe social et particulièrement dans les établissements scolaires.  La question s’est posée en droit  à propos de tenues vestimentaires tels que le voile ou le foulard islamique. Le conseil d’Etat, juridiction suprême, a tranché : si les élèves des écoles, collèges et lycées publics peuvent porter des signes religieux discrets, sont en revanche interdits, d’une part, les signes ou tenues, tels notamment un voile ou un foulard islamique, une kippa ou une grande croix, dont le port par lui-même manifeste ostensiblement une appartenance religieuse, d’autre part, ceux dont le port ne manifeste ostensiblement une appartenance religieuse qu’en raison du comportement de l’élève.

Etre libre, c’est être responsable. Chacun, et en particulier chaque parent et chaque élève doit comprendre que l’exercice de la liberté n’est pas une fin en soi. L’élève d’un lycée professionnel doit avoir une tenue adaptée à ses activités et à son environnement. Il doit se préparer à entrer dans la vie professionnelle et mettre toutes ses chances de son côté.

Dans le monde du travail, contrairement à ce que pensent parfois les jeunes, les salariés connaissent des limites à leur liberté de se vêtir et de se présenter. Le port d’un uniforme en constitue sans doute l’atteinte la plus importante mais elle n’est pas la seule. Des impératifs de sécurité peuvent justifier certaines restrictions à la liberté de se vêtir. L’employeur peut aussi restreindre la liberté de ses salariés au nom du respect de l’image de l’entreprise, de sa crédibilité et de son sérieux auprès du public.

Un jogging ou un short  est la tenue attendue pendant ses cours d’un professeur d’éducation physique. Avec la même tenue, le cadre ou l’employé d’une entreprise publique ou privée choquera et pourra légalement être rappelé à l’ordre.

L’obligation principale est de rester décent et cette notion s’apprécie au regard des usages sociaux. La tenue vestimentaire ou l’allure générale des salariés ne doit pas être susceptible de semer le trouble dans l’entreprise. Imagine-t-on une professeure donnant ses cours en chemisier transparent sans soutien-gorge ? un banquier en bermuda ? un coiffeur en maillot de bain dans son salon ?

C’est simple, il faut adapter  sa manière d’être à son milieu de façon à s’y intégrer. Il est primordial que les jeunes et leurs parents le comprennent. Quel employeur prendra comme stagiaire un jeune qui se présente dans une tenue indécente, provocante  ou tout bêtement inadaptée ?  

Le proviseur du lycée professionnel de Guadeloupe où ont eu lieu les incidents rend service à ses élèves en leur rappelant que la liberté de paraître et de se vêtir a des limites et que l’épanouissement personnel ne passe pas par la provocation.

Danièle DEVILLERS

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp

Derniers actualités

Retour en haut