
Dans le tiers monde en général, et surtout en Afrique , nous sommes à l’heure des coups d’état permanent. Le peuple hors-jeu ? L’histoire nous repasserait – elle les mêmes plats ? Dans notre réflexion sur la vertu et le pouvoir, il y a à s’interroger sur l’avènement de la post – démocratie. Qui enterre la démocratie, telle que nous la connaissons. Car avec des régimes, imposant aux citoyens. Et même aux institutions. Quid alors de l’usurpation ?
Usurpation ?
Que devrions – nous entendre par usurpation de manière générale dans un contexte politique ?
Selon le Petit Robert, l’usurpation qualifie l’action d’acquérir sans droit, par la violence ou la fraude, un pouvoir, un bien, une dignité ou une identité auxquels on n’a pas droit.
L’usurpation est donc fondamentalement un concept juridique qui fait intervenir deux protagonistes : le premier, le détenteur légal d’un bien ou d’une dignité et le second, l’individu qui se l’attribue indûment.
Pour le Grand Larousse illustréun coup d’État se définit comme une prise illégale du pouvoir par une personne ou un groupe de personnes qui exercent des fonctions au sein de l’appareil étatique.
Moktar Lakehal plus réservé, dans son Dictionnaire de science politique définit le coup d’État comme une tentative de prise de pouvoir qui réussit ou échoue avec des moyens anticonstitutionnels ou illégaux, par une minorité de personnes civiles ou militaires prétendant à divers titres ou pouvoirs et donc contestant la légitimité de ceux qui occupent le sommet de l’État.
Pour Michel de Villiers dans son dictionnaire de droit constitutionnel. le coup d’État est une tentative pour prendre le pouvoir, ou s’y maintenir en dehors des procédures constitutionnelles.
Plus loin, il poursuit pour affirmer que sa répétition est un symptôme clinique d’un défaut d’enracinement du régime.
Le lecteur comprendra que le rapprochement de ces trois principales définitions peut nous permettre de définir le coup d’État comme une entreprise de prise du pouvoir politique qui réussit ou qui échoue, mais qui s’effectue en dehors des règles ou modalités prescrites pour y accéder.
Par ailleurs, il convient de relever que le coup d’État, une usurpation, survient dans une société lorsque ses institutions sont en « crise », et qu’elles semblent incapables de définir un mode consensuel d’accession pour diriger le pays.
Cette situation peut également provenir d’une armée trop puissante, d’un président charismatique, capable d’imposer ses vues au détriment des autres institutions de la société. Ou encore d’une rupture de confiance entre le détenteur du pouvoir suprême et les autres composantes sociales et politiques de l’État.
Faut – il conclure ?
Le concept d’usurpation fut longtempspréféré à celui de coup d’État pour qualifier la contestation de la « légitimité » par un autre prétendant dans une structure politique. Mais que serait un coup d’Etat réussi ?
Weber dans son ouvrage Économie et Société définit la domination légitime comme étant la domination volontaire à un système de pouvoir auquel les sujets adhèrent. La légitimité, selon Weber, fait donc clairement référence à une double relation de domination et d’obéissance.
Doit – t- elle être appréhendée comme un processus régulateur du système, c’est-à-dire un outil politique permettant au système de sélectionner et de trouver en son sein la personne qui dispose du charisme nécessaire pour diriger un moment précis.( Napoléon, Franco, Churchill de Gaulle, Mao.. et chez nous ….pa mélé mwen ! )
Mais faut – il donc (toujours) à l’heure du nécessaire débat sur nos institutions, obéir et à qui ? Et mettant sans le consulter, le peuple, nos élus, et nos médias, nos entrepreneurs, hors du jeu ?
Oui, le génie d’Auguste fut avant tout d’avoir été à l’origine d’une formule capable de faire vivre ensemble des hommes de cultures, de langues, de religions diverses en paix sans détruire leur particularisme, mais en leur donnant le sentiment d’appartenir à une même famille, d’habiter une maison commune. Et en ce qui nous concerne à un même pèp dans un destin commun !














