Les célébrations du 1er mai coïncident avec les commémorations de l’abolition.

Le mois de mai, est à notre porte. Il tire son nom du latin Maius, qui est dérivé de Maiestas, signifiant « grandeur ». Grandeur car sa majesté s’aligne sur le printemps, enfin du soleil en Europe continentale. Un proverbe dit là-bas, « En mai, fais ce qu’il te plaît ».

 Les plages de la Guadeloupe se vident, laissant place à un répit bien mérité pour les prestataires saisonniers. Les manguiers commencent à porter, fruits ravissant nos papilles, que la terre est porteuse. Le 1er mai, ouvre le rideau sur un jour férié, la fête du Travail, ou encore la «Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs ». Un combat durement gagné en 1889.

Les célébrations du 1er mai coïncident avec les commémorations de l’abolition, renforçant le lien entre les luttes des travailleurs contemporains et celles menées pour la liberté des africains réduits en esclavage. Les descendants de ces africains déportés célèbrent non seulement leur héritage culturel mais également leur lutte continue pour des droits égaux.

En Guadeloupe, l’Abolition de l’Esclavage, a été proclamée le 27 mai 1848. Cet événement historique est un moment de profonde réflexion et de commémoration pour les guadeloupéens. Cette journée est consacrée à des cérémonies, des défilés, des discours qui célèbrent la résilience et l’héritage de la culture afrodescendante.

Les gens se rassemblent pour célébrer leur histoire commune et leur identité. Des manifestations artistiques, des concerts et des expositions culturelles rendent hommage aux ancêtres et à leurs luttes. C’est également l’occasion de mettre en avant les valeurs de respect, d’égalité et de liberté.

Mai est donc un mois riche en symbolique, représentant à la fois la beauté du printemps et des moments historiques significatifs. En honorant l’abolition de l’esclavage, les Guadeloupéens se rappellent les sacrifices passés tout en continuant à avancer vers un avenir empreint de fierté et de solidarité. Car mai est aussi selon certaines traditions antiques le retour des morts et des ancêtres mythiques.  Ainsi, le mois de mai fusionne un message d’espoir et de célébration, rappelant à chacun l’importance de la mémoire et de la liberté.

L’histoire de la Guadeloupe et des Antilles est riche en figures emblématiques qui ont marqué la lutte contre l’esclavage et pour la liberté. Parmi ces personnages, trois se démarquent particulièrement : Louis Delgrès, Ignace et Mulâtresse Solitude. Sans oublier Toussaint Louverture à Haïti qui fût le tremplin de cette lutte.

La Guadeloupe est le seul endroit où une abolition entre en vigueur pour finalement être annulée. Quel traumatisme que celui d’être proclamé libre, de quitter les chaînes, les mutilations, les viols, la séparation des familles, et d’y être de nouveau traîné par la force quelques années plus tard !

En effet pour moi chers lecteurs et lectrices, écrire sur le mois de mai ne fût pas tâche facile. Quel ton donné à mon écriture pour un mois reflétant, tant d’émotions et de blessures transmises d’une histoire ou j’étais absente, pourtant à l’intérieur de mon être, une mémoire retentit ou les mots font ressortir des maux. Il y a que la poésie qui peut me sauver de cette fièvre de mai.

Mai, mois de mémoire, mai de l’espoir


Dans la brise douce du printemps,
Oh, Mai ! Reine des fleurs,
mai, mois de Majestas, de grandeur,
Les rivières chantent d’histoire,
Des mots d’amour, de lutte en miroir.

Le 1er, lever de drapeau,
fête du Travail, écho,
Voix des ancêtres, entendez-vous ?
Luttes passées, rêves toujours,
L’ombre des chaînes, lumière d’aujourd’hui,
Fiers descendants, l’héritage grandit.

Le 27, mémoire sacrée,
Esclavage aboli, liberté chantée,
Honorons les cœurs, les luttes qui persistent,

AFRES, MIR
Dansons Ensemble, la culture existe !
Art et musique, en écho vibrant,
Unis ses mains, les âmes vont dansant.

Ye kri, Ye kra

Louis et Ignace, courageux,

Ye mistikri, ye mistikra
Mulâtresse Solitude, héroïne des cieux,
Toussaint, à Haïti, le flambeau d’un peuple,
Sous le soleil ardent, l’espoir se renouvelle.
Quand les ancêtres nous parlent,
Écoutons leurs voix, cette force qui déferle.

La cour ne peut pas dormir

Tant de souvenirs

Oh, Mai ! Chuchotement du passé,
Un mois de mémoire, de liberté,
Les larmes d’hier fertilisent demain,
Dans la chaleur, unis d’un même chemin.
Le temps d’un récit, l’histoire se grave,
En Guadeloupe, Mai, c’est la vie qui se lave.

Mai, mois d’amour, mai de la lutte,
Souvenirs sanglants, que le cœur écoute !

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