
Mes Salutations à vous, chers lecteurs des chroniques d’Agoyam. Depuis la fin de l’année 2025, j’ai le plaisir de naviguer sur le rythme du temps, explorant les mois, leurs origines et leur signification pour favoriser une rencontre avec soi-même et un partage sincère, pour un mieux-vivre ensemble. Il est indéniable que nous héritons d’un vaste legs, tissé entre l’Afrique et l’Occident, donnant vie à notre créolité. Réactualiser notre compréhension au fil des siècles clarifie certaines vérités.
Au début de cette année, j’écrivais que janvier est le mois du renouveau, celui où l’on prend des résolutions pour changer d’anciennes habitudes, souvent abandonnées dès mars. La bonne nouvelle, c’est que mars nous offre une seconde chance pour réviser ces résolutions. Mars, mois du renouveau, joue un rôle crucial dans notre introspection.
Explorons l’étymologie de ce mois, qui trouve ses racines dans le latin Martius. Ce nom, attribué par les Romains, honore le dieu Mars, divinité de la guerre, de la jeunesse et, il faut l’avouer, de la violence. Martius est également la source d’où émane l’adjectif littéraire « martial ». La voie martiale évoque alors les échos des batailles, des forces armées et du combat. À la cour martiale, on se penche sur les délits commis par les soldats, les marins, et tout individu lié à l’univers militaire.
Pourquoi accorder à ce mois autant de puissance guerrière ? Tout simplement parce qu’à l’autre bout de l’océan, mars annonce l’arrivée des beaux jours. Il semble que l’hiver, à cette époque, était peu propice aux conflits. Le mois de la jeunesse tire son nom du fait que ce sont principalement les jeunes qui sont mobilisés lors des hostilités. La violence, en effet, est souvent le corollaire de la guerre.
Dans le calendrier républicain, mars correspondait aux mois de ventôse et de germinal, des périodes associées à la germination. Mars, c’est également une ode à la nature en floraison ! De plus, ce mois se rattache à mardi, un jour de la semaine qui lui est dédié. Dans notre calendrier grégorien actuel, mars est le troisième mois de l’année et célèbre le début officiel du printemps avec l’équinoxe autour du 20 mars. À l’époque romaine, dans le calendrier julien, il était même considéré comme le premier mois de l’année !
Ce mois a également été marqué, à travers l’histoire, par Galilée au XVIIe siècle. Avec son télescope, il a identifié la planète rouge, un Rouge de rouille plutôt que de sang, faisant évoluer notre perception du mythe guerrier. Comme nous aimons les mythes, les supposés martiens pendant longtemps étaient verts comme la nature printanière
Traditionnellement, ce mois est lié à des rituels et événements culturels, témoignant des changements de saison, comme l’équinoxe de printemps, mais aussi à des idées chrétiennes, comme le début du carême.
En Guadeloupe, ce mois annonce également une saison sèche, précédant Pâques, qui incarne un moment de réflexion et de renouveau spirituel. Si janvier est le mois des résolutions, mars se présente comme le parfait allié de l’introspection, offrant une transition vers le renouveau. Le carême nous connecte à une dimension holistique, renforçant notre lien avec ce qui nous transcende.
Le carême, caractérisé par sa fraîcheur et sa sécheresse, s’étend de décembre à avril, et parfois jusqu’en juin. Étymologiquement, le terme carême dérive de « quaresima », issu du latin chrétien, transformé en « dies quadragesima », signifiant le quarantième jour.
Dans la culture antillaise, le carême revêt deux définitions bien distinctes. C’est d’ailleurs pour cette raison que, selon ces quarante jours précédant Pâques, le carnaval peut également s’épanouir en mars.
Le carême, période de quarante jours de jeûne et de prière, commence le mercredi des Cendres et coïncide souvent avec les premières semaines de mars. Cette période invite les chrétiens à se rapprocher de Dieu tout en se préparant à célébrer la résurrection de Jésus.
Il est intéressant de noter que les mois de janvier, février et mars ont historiquement été perçus comme une période difficile à traverser, même dans notre ère moderne. Cela est particulièrement vrai dans les régions froides, où l’humain semble encore avoir du mal à se poser. Pendant que les animaux se retirent en léthargie et que le soleil se couche plus tôt, la terre aspire à se reposer. Peu de choses poussent en cette saison, même sous les cieux ensoleillés des tropiques. Cependant, ce qui émerge est une véritable mine de vitamines A, C et d’antioxydants : agrumes, kiwis, ananas, cranberries, grenades et groseilles pays, tous des alliés précieux pour notre système immunitaire.
De janvier à mars, notre corps est en guerre. Les températures froides et fraiches se font ressentir, opérant un tri parmi ceux qui manquent de force pour résister à l’assaut de virus qui déclenchent rhumes et grippes. Dans cette lutte sans merci, l’humain, armé de son libre arbitre, a la possibilité de prendre les choses à contrepied et de choisir son attitude face à l’adversité.
Tandis qu’en Europe le froid et ses désagréments grise l’humeur de ses habitants, de l’autre côté de l’océan, dans les îles des Caraïbes, une douce chaleur accueille les touristes les enveloppant du carnaval qui bat son plein avec allégresse ! Ici, la joie et la couleur résonnent, offrant un précieux antidote contre la grisaille et les tracas de l’hiver. Ce contraste saisissant nous rappelle que, dans chaque défi, il y a toujours place pour la célébration et la vitalité.
Il devient alors essentiel de ne pas se contenter d’avoir des glandes, mais de les mettre en action. Vive notre système endocrinien ! Cette incroyable orchestration hormonale pousse les process chimiques à leur paroxysme, nous permettant ainsi de savourer les petits plaisirs de la vie avec une joie pétillante et pleine de légèreté.
Cri dans les rues : « Aïe, ya aïe ! » La dopamine s’élève, responsable d’un plaisir immédiat qui nous pousse à l’action. Quel bonheur de danser, de créer des chorégraphies, de confectionner des costumes et des accessoires, puis de défiler dans les rues chaque dimanche, récompensés par un public reconnaissant de la pérennité de nos traditions !
La sérotonine, quant à elle, nous offre un sentiment de bien-être, régulant notre sommeil pour un cycle de vie harmonieux. Elle intervient au moment où nous en avons besoin, réduisant le stress et nourrissant notre amour de la vie. Elle est le pilier de la paix et de la sécurité que nous ressentons lorsque nous sommes valorisés à notre juste mesure.
Ah, les pieds qui font mal, peu importe ! Les endorphines sont là pour régler la situation. Même avec des ampoules, nous restons au sommet de notre performance. Et ce ne sont pas seulement quelques endorphines ; elles possèdent des propriétés analgésiques similaires à celles de la morphine. Une douleur physique déclenche leur libération, masquant temporairement toute souffrance. Cette sensation devient alors douce, nous permettant d’oublier la douleur et de réagir — par exemple, se mettre à l’abri en cas de danger. Les endorphines surgissent aussi lors d’efforts continus, que ce soit en randonnant, en pédalant ou en participant activement au carnaval. Elles engendrent calme et euphorie, nous incitant à nous dépasser malgré les douleurs physiques et à célébrer avec une joie débordante. Celles-ci se libèrent également lorsque l’on rit, s’ajoutant à cette atmosphère de fête.
L’union de tous pour une même cause crée un élan d’amour et tisse des liens, nourrie par l’ocytocine. Hypophyse, hypothalamus, thyroïde, thymus, glandes surrénales, pancréas, testicules, ovaires… tous s’envoient des messages chimiques pour maintenir notre organisme au top, avec l’acétylcholine apportant sa touche à la périphérie du système nerveux.
C’est avec ce même système que nous allons aborder le carême. Le jeûne, que nous avons peut-être un peu oublié, permet de remettre de l’ordre dans notre système hormonal et nerveux. Depuis toujours, les sages le savaient, et aujourd’hui la science le confirme : notre corps a besoin de jeûner pour se réinitialiser. Ainsi, dans le monde numérique, on observe une profusion d’applications dédiées à diverses pratiques de jeûne, chacune offrant une manière unique de se reconnecter à soi-même.
Mars est également le mois de la célébration de la Journée internationale des femmes, instaurée par l’ONU en 1977, pour honorer les luttes inébranlables en faveur des droits des femmes et des victoires sociales. Le 8 mars 1917, lors d’une grève générale, les ménagères et ouvrières battent le pavé des rues de Petrograd, aujourd’hui Saint-Pétersbourg, exigeant du pain et la paix. Cette date emblématique sera rapidement adoptée par le Danemark, l’Autriche, l’Allemagne et la Suisse, qui en feront un jour férié.
Cependant, les racines de cette journée plongent profondément dans l’histoire grâce à la journaliste révolutionnaire allemande Clara Zetkin, qui, lors de l’Internationale socialiste des femmes en 1910, a proposé d’instaurer une telle célébration auprès de l’ONU. Il est intéressant de noter que, comme souvent, l’histoire est narrée par les vainqueurs, et selon notre position géographique, notre mémoire collective peut varier. Ainsi, nous avons tendance à nous souvenir principalement des États-Unis, alors que la France a fait sienne cette cause dès 1982, sous l’ère du président socialiste François Mitterrand.
Il est donc légitime de témoigner notre gratitude à l’ONU qui, par son engagement, éclaire la voie des femmes et des filles dans un monde souvent marqué par le patriarcat.
En conclusion, mars s’avère être le mois idéal pour l’introspection, pour écouter notre corps et nourrir notre esprit. Un mois permettant de réduire le cortisol qui intervient dans les voies du stress. Pourquoi pas réduire l’activité cérébrale parasite en se servant de la dopamine pour se concentrer et apprendre de nouvelles choses
Pour conclure ce mois de mars, je vous propose une méditation que vous pouvez lire à haute voix. Enregistrez-la avec votre voix la plus douce sur votre téléphone et écoutez-la avant de vous endormir. N’hésitez pas à la partager avec vos proches. Merci pour votre lecture, et que votre voyage intérieur soit des plus enrichissants !
Méditation : Voyage à travers le mois de mars
Introduction : Asseyez-vous confortablement dans un endroit paisible. Fermez les yeux et prenez quelques respirations profondes. Sentez l’air frais de mars en Guadeloupe envelopper votre corps, vous apportant calme et sérénité.
Imaginez que vous commencez un voyage à l’intérieur de votre corps. À chaque inspiration, ressentez la terre qui vous offre en cadeau de l’oxygène. A chaque expiration offrez à la terre votre dioxyde de carbone en allongeant l’expiration en signe de gratitude.
Visualisez votre hypothalamus, une petite région avec une taille d’amande dans votre cerveau. Visualisez cette amande le chef d’orchestre de l’équilibre hormonal, en liaison avec le système nerveux autonome. Saluez-le, remerciez le pour le travail qu’il fait pour vous de manière inconsciente. Imaginez une douce lumière dorée émanant de cet endroit, représentant la régulation et la paix intérieure. Sentez cette lumière se répandre à travers votre corps.
Poursuivez vers l’hypophyse nommé aussi glande pituitaire où les hormones de croissance et de stress s’équilibrent. Imaginez une rivière tranquille qui transporte toutes vos préoccupations. À chaque expiration, laissez couler vos tensions dans cette eau apaisante.
Visualisez maintenant votre thyroïde. Voyez cette glande comme un soleil brillant, produisant énergie et vitalité. Laissez cette chaleur vous remplir, effaçant la fatigue résiduelle du carnaval, et renouvelant votre esprit pour la saison de carême.
Continuez votre voyage vers le pancréas, où l’harmonie entre sucre et énergie est maintenue. Sentez la douceur de la sérénité. Imaginez une douceur naturelle enveloppant votre cœur, apportant un apaisement profond à tout votre être.
Enfin, atteignez les glandes surrénales. Ressentez le pouvoir de la résilience et de la force qui émanent de cet endroit. Imaginez-vous comme un arbre solide, enraciné dans la terre, prêt à affronter tout changement.
Ramenez doucement votre attention à votre respiration. En inspirant profondément, visualisez l’énergie revitalisée qui circule dans tout votre corps. En expirant, laissez partir ce qui n’est plus nécessaire. Etirez vous dans cet espace de Renouveau. Si vous êtes croyant, remerciez ce en quoi vous croyez, sinon remerciez la vie. Remerciez vous d’avoir pris ce temps vous.
Ouvrez lentement les yeux lorsque vous sentez prêt. Emportez avec vous cette sensation d’équilibre et de sérénité tout au long de ce mois de mars, en honorant la sagesse de votre corps et en vous préparant pour le renouveau du carême.
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