
Février, son étymologie est plein de mystère. Il nous vient du latin februariu, l’anglais y joue un rôle avec February qui signifie « mois de la purification », lui-même issu de februum, « moyen de purifier ». Et pour, décidément, ne rien faire comme les autres, février ne compte que 28 jours avec, tous les quatre ans, un 29e jour nommé bissexte, d’où « l’année bissextile », la dernière année bissextile était en 2024. Dans le calendrier républicain, février correspondait à pluviôse et à ventôse, période des vents.
En raison de sa courte durée, février est le seul mois de l’année où il est possible de n’observer aucune pleine lune. En cette année 2026, il y en a bien eu une. Dans l’hémisphère sud, comme en Australie ou en Argentine, le mois de février est le troisième mois de l’été, à l’image du mois d’août dans l’hémisphère nord.
Février est aussi un mois festif. Au Moyen-Âge, l’Église catholique s’approprie peu à peu les festivités d’origines païennes pour les faire coïncider avec la liturgie chrétienne. Le Carnaval est ainsi fixé dès le 6 janvier, jour de l’épiphanie jusqu’au au Mardi gras, qui a toujours lieu 41 jours avant Pâques. La vocation première de l’église était d’offrir au peuple un moment de liberté et d’allégresse pendant cette période froide. Le mal être social se cristallise encore aujourd’hui facilement, en cette saison hivernale et d’hivernage. Saison ou le système immunitaire a bien des combats à mener, pour nous protéger des rhumes et grippes en vogue chaque année. Dans le temps, pendant l’été en Europe continentale, certaines familles travaillaient comme des fourmis pour remplir les greniers, et d’autres comme des cigales. Une fois que le roi et sa compagnie s’étaient servi en impôt dans les victuailles des paysans, quelquefois il ne restait plus grand-chose au peuple, à se mettre sous la dent, surtout pour les cigales. Le carnaval arrivait à point, pour passer des messages politiques. Un espace pour la satire, le burlesque se mettait en place pour la joie de la population. Les cigales aiment la musique et danser, alors un ventre pas tout à fait plein mais qui peut s’amuser, c’est nourrissant pour l’être.
Carnelevare (du latin, enlever la viande) en créole kannaval.
Cette « fête que le peuple se donne à lui-même », selon l’expression de Johann Wolfgang von Goethe, le carnaval est l’occasion de débordements, de travestissements, de manifestations de sauvagerie ou encore d’inversions de sexes et de codes sociaux.
Avant 40 jours de privation, on profite, on mange, on chante, on danse, on fait la fête. En Guadeloupe, les associations ont un vrai travail en amont en atelier pour créer toute cette féérie. Les ateliers coutures, accessoires, tournent à bloc pour arriver à cette apogée qu’est mardi gras. Dans la rue mais aussi dans la cuisine, le Matété de crabes, les beignets de carnaval ont bercé notre enfance et rien qu’à l’odeur, nos papilles se mettent en fête. Le lendemain, ce sera le mercredi des Cendres qui lancera le début du carême, qui se terminera le jour de la fête de Pâques.
C’est aussi le mois de l’histoire des afrodescendants. Depuis 1976, c’est un mois qui rend hommage aux Afro-Américains à travers l’histoire. C’est un mois de reconnaissance des luttes des aïeux dans le nouveau monde. Rosa Parks, Marcus Garvey, Martin Luther-King, Malcom X et tant d’autres permettent par une éducation sans relâche de mettre en lumière l’héritage des pionniers et des leaders pour la santé et le bien-être des Afro-Américains.
Tout nouvellement s’est ajouté la Saint-Valentin, une fête intimiste ou les amoureux peuvent laisser libre leurs fantaisies. Les restaurants se remplissent, les fleuristes profitent de l’économie florissante du moment et la lingerie fine s’invite à ce carrousel économique
La Saint-Valentin vielle fête, agonisante dans les caves de l’Angleterre, se trouve Ravivée pendant la Seconde Guerre mondiale par des Gis, soldats américains qui vantaient les mérites de cette fête pour séduire les Françaises en leur achetant des fleurs et des cadeaux. Cette fête tient sa place en février.
Février est aussi un climat, une saison. Ici en Guadeloupe il est censé être sec, avec le changement climatique, nous avons ce que nous nommons des carêmes verts ; beaucoup d’eau pour la saison. En revanche, les températures ne chutent pas, le tourisme peut continuer à être protégé de la neige. Les défilés carnavalesques performent dans les rues créant un vrai théâtre à ciel ouvert, avec de belles ingénieries, la créativité artistique, animant les rues de voix, du ka et autres instruments de musique, le rythme, la fougue des groupes à pô, leur énergie d’avancer ensemble, tout cela c’est février.
. Sous le soleil éclatant des tropiques, se déploie notre île flamboyante, riche en diversité religieuse et vibrante de vie. La démocratie s’épanouit, et au XXIe siècle, chacun a la liberté de choisir comment vivre cette période palpitante, que ce soit avec sérénité ou en flambant dans la joie festive.

Que vous souhaitez plonger dans l’effervescence d’une association carnavalesque ou simplement vous laisser emporter par les couleurs et les sons enivrants qui nous entourent, les possibilités sont multiples !
Le carnaval en Guadeloupe ? C’est tout simplement exceptionnel ! Un véritable héritage qui fait vibrer le cœur de l’île ! Participez aux déboulés et, tout en vous amusant, perdez sans effort les kilos accumulés pendant les fêtes de fin d’année. Imaginez-vous en train de manœuvrer le fouet, développant une musculature éblouissante, tout en ajoutant une touche de flair à chaque mouvement ! Je vous laisse faire, pour le fouet je passe.
Introduit au XVIIe siècle par les colons, ce patrimoine riche fait résonner des échos d’histoire. À cette époque, les afrodescendants, encore sous le joug de l’esclavage, ne pouvaient qu’observer, de loin, le spectacle flamboyant des colons. Ce qui est interdit est souvent plus fascinant. Pour mieux vivre, il était parfois nécessaire de se cacher, et les masques offraient une liberté d’expression. Les participants pouvaient ainsi se moquer de leurs maîtres sans craindre de représailles.
Peu à peu, les habitants des habitations ont décidé d’ajouter une touche africaine à cette célébration. Avec le temps, séduits par les chants, les tambours, les chachas, les ti-bwa et la créativité artistique des habitants. Les maîtres ont fini par accepter des défilés sur leurs propriétés. Heureusement, rien n’est éternel, vint le temps de la liberté. Les carnavaliers ont alors pu s’approprier les rues, respectant les traditions du carnaval : satires, mariages burlesques, kas, caisses claires et Ti-bwa.
Le carnaval en Guadeloupe incarne une véritable fusion du passé et du présent, se déployant comme une célébration de la vie portée par les rires, les chants et les danses. Il fait vibrer l’âme de l’île et fait résonner à chaque battement de tambour la richesse des récits qui composent son histoire. À travers cette fête populaire, la mémoire collective se perpétue, les traditions se transmettent, et l’identité guadeloupéenne s’affirme dans la diversité et l’effervescence.
Évoluant sans cesse, le carnaval ne cesse de se réinventer tout en demeurant un pilier essentiel de la culture locale. Il joue également un rôle déterminant dans l’économie de l’île, dynamisant commerces, artisanats et tourisme. Cette vitalité économique s’appuie sur la préservation de l’expression culturelle, où arts, pratiques sociales et coutumes ancestrales continuent d’être valorisés et transmis de génération en génération.
Les Guadeloupéens innovent avec les groupes à pô, puisant aux racines de la tradition carnavalesque. La beauté et l’élégance s’entrelacent sous le soleil. Bien qu’aujourd’hui nous élisions des rois et reines du carnaval, le vrai roi reste « Vaval », le roi des fous, qui disparaît en fumée le mercredi des cendres.
En février, en Guadeloupe, chacun a le droit de fêter ou non, de choisir sa manière de célébrer. Se travestir, revêtir d’autres costumes que ceux du travail, tout cela permet aux hommes et aux femmes de devenir égaux sous ces déguisements. Février est un mois festif.
Quel est l’intérêt de faire la fête ? Danser, rire et discuter permettent de relâcher la pression du quotidien. La musique et l’ambiance festive stimulent la production de dopamine et d’endorphines, les hormones du bonheur. Lors d’une fête, le cerveau libère d’importantes quantités de dopamine, activant le système de récompense. Cette libération est synonyme de plaisir intense, d’euphorie et de bien-être.
Ainsi, la fête devient un moyen de décompresser, de relâcher toute tension nerveuse et de se détendre après une période d’anxiété ou de fatigue. Pendant un moment, le rythme intense du travail est oublié. Pour ce mois festif, je vous offre un outil du yoga du rire. Juste pour vous amuser, dans votre groupe, ou en famille créer une chenille. Vous créez une queue leu leu, ou chacun s’accroche avec ses deux mains à l’épaule de l’autre et pour se déplacer tout le monde déplace la jambe droite en même temps et en riant Hahahaha, puis la jambe gauche et la jambe droite et la jambe gauche. Vous faites avancer la chenille avec ce rire communicatif Hahah














