Le colonial ? Portrait croisé !

Colon- colonisé deux faces d’une même réalité ?
Le portrait du colonisateur !
L’essai d’Albert Memmi, publié en 1957, et toujours d’une actualité mordante, est une analyse psychologique et sociologique de la relation coloniale. Il y démontre comme Fanon, Sartre, Aimé Césaire, Félix Rodes et tant d’autres phares de notre humanité, que le colonialisme est un système global qui détruit l’identité du colonisé et corrompt le colonisateur.
Les grands axes de son analyse :
Memmi commence par analyser l’Européen en colonie.
Il distingue le « colonisateur de bonne volonté ». Il rejette le système , sa brutalité, ses excès, mais finit souvent comme Camus, par s’y plier. Et le « colonial ».
Le colonial, c’est l’usurpateur. Il sait, inconsciemment, que sa situation est illégitime et qu’il a usurpé ses privilèges économiques et politiques.
Pour légitimer sa position, il le justifie souvent par le racisme. Il se doit de «dévaluer » absolument le colonisé. Le racisme, son suprématisme « génétique » devient un outil nécessaire pour transformer le colonisé en sous-homme, justifiant ainsi la domination.
Le portrait du colonisé.
Sous le poids de l’aliénation et de la déshumanisation, le colonisé subit un processus de destruction de son identité. Dans un portrait mythique, le colonisé finit par intégrer l’image négative que le colonisateur lui renvoie (paresseux, lâche, arriéré, ignorant…). Il y a là, une carence historique : le colonisé est exclu de l’histoire, ». Honte au président des Français Sarkozy affirmant dans un discours à Dakar le 26 juillet 2007 , rédigé en partie par le conseiller Henri Guaino que « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ». Et pire encore ne pouvant assumant la gestion et même de la co- gestion, de son propre pays.
Quand sa mémoire et sa culture, ses ambitions, sont étouffées, le colonisé, dépourvu de tout droit, y est donc constamment soumis. Humilié et en état permanent de carence. Car perpétuellement, souvent amené à se conformer au miroir qui lui est tendu.
Certains tentent bien de s’assimiler, et donc de « s’aliéner culturellement« , mais l’assimilation étant refusée par le colonisateur, n’est qu’un mirage.
La folie, la révolte en devient donc inévitable. Pour assurer la cohésion du mouvement de révolte, l’élite des colonisés, en arrive souvent à affirmer les « valeurs refuges » dont souvent « on sèl chimen », non consensuel. Des valeurs même jugées, régressives, que sont la tradition, la famille et, plus encore, la religion.
L’impossible assimilation !
Pour s’en sortir, le colonisé tente parfois de ressembler au colonisateur en le singeant. En adoptant sa langue, ses coutumes.. et valeurs civilisationnelles de la dite supériorité.
Mais le système colonial lui refuse cette égalité. C’est l’échec de l’assimilation.
La seule issue : la révolte et la reconquête de soi. Sa pa fasil !
Quid de Fanon ?
La violence coloniale structure un monde opposé et nourrit une agressivité d’abord retournée contre les colonisés eux-mêmes.
Pour Fanon , la violence des colonisés répond à celle radicale des colons. Dans leur impuissance, la folie meurtrière devient l’inconscient collectif des colonisés, ne pouvant toujours la retourner contre le maître. Et pour s’en libérer, ils se massacrent entre eux( regarder nos enfants … et l’ampleur du fankyout tism) , sous l’œil actif du colon.
d’arbitrer et de trouver une solution. Ces derniers, habités par un
Processus de décolonisation ?
La décolonisation ne serait qu’une anticipation de la violence par le colonisé. Selon Fanon, le colonisateur prend conscience de la violence atmosphérique qui règne dans les colonies et ne veut pas en être la conséquence, car ses intérêts économiques en seraient menacés.
Il ruse, donne des miettes, illusionne. Et choisit donc de décoloniser mais en encadrant machiavéliquement le processus. Tout en affirmant de respecter la volonté popilè.
Mais quid dans les départements colonisés ?
DURIZOT JOCELYN( Membre du comité international de la Presse Francophone)
















