La santé mentale en Guadeloupe encore une fois en question !

Les discours publics ne rassurent plus. Et comme il n’est jamais trop tard pour bien faire , félicitons – nous que le ministre de la justice ait pu chez nous, fortement muscler son fonctionnement par le nombre de magistrats en poste. Et pour que les peurs changent de camp, qu’en matière de sécurité, les autorités déclarent enfin, la guerre à la prolifération des armes à feu, à la violence et aux trafics. En y mettant désormais, davantage de séryé et moyen. Mais quand il y a tant à faire, et quand on a tant fermé les yeux, ( eau, transport, emplois, délinquances, bien- être …), peut – on être apaisé, éviter nos vagues – à -l’âme. Stopper cette zombification de nos concitoyens, quand on n’ arrive pas à faire de la santé mentale , une réalité tangible dans leur quotidien.
Une situation intolérable.
La Guadeloupe s’est réveillée cette semaine en découvrant que des personnes présentant des troubles psychiques pouvaient rester attachées sur des brancards aux urgences du CHU pendant plusieurs jours, parfois sans voir de médecins. Ou plutôt en redécouvrant cette réalité récurrente. Et cela pose d’importantes questions.
Devant une situation intolérable, la Procureure de la République a été alertée d’une situation totalement indigne, constituant une atteinte majeure aux libertés individuelles.
La première question qui nous vient à l’esprit, c’est « comment est-ce possible ?». Non pas pour chercher des « coupables », mais plutôt des responsabilités et des solutions. Il faut le dire d’emblée, ce n’est pas « la faute » des urgentistes du CHU, ni des patients guadeloupéens et de leur famille. On ne choisit pas de « craquer » et même au mois d’aout !
Ceci dit, d’autres questions se posent !
Pourquoi n’a-t-on pas pu mieux prévenir ces troubles psychiques ? Pourquoi ne les a-t-on pas dépistés plus tôt, avant la « crise » ?
Et quand on est mal, pourquoi faut-il tant de temps pour voir un spécialiste, alors que plus les soins sont précoces, plus vite la relation et confiance seront établies, plus rapide, plus solide et plus durable sera le rétablissement ?
Comment un établissement public comme l’EPSM peut-il refuser l’hospitalisation de patients qui en ont besoin en urgence et les laisser sans soins sur des brancards dans un hôpital qui n’est pas équipé pour les soigner ? Voit-on cela me dit – on , en chirurgie ? Pourquoi les personnes présentant une situation de handicap psychique « stagnent» dans les lits de l’EPSM, dépendent de familles épuisées, ou sont « expédiées » en Belgique à défaut de structure adaptée chez nous (en particulier un Etablissement d’Accueil Médicalisé) ?
Pourquoi cette situation se répète-t-elle ?
Alors qu’elle a été dénoncée par divers rapports : la Haute Autorité en Santé a refusé la certification de l’EPSM en 2024, le Comité Européen pour la Prévention de la Torture et des traitements dégradants (CPT) a fait un rapport alarmant en mars 2025 (sur nos prisons et nos hôpitaux), les Contrôleurs Généraux des Lieux de Privation de Liberté (CGLPL) ont fait une alerte avec des recommandations « urgentes » publiées au Journal Officiel en janvier 2026, la Chambre Régionale des Comptes a rappelé ces rapports dans le sien en mars dernier.
Pawol an bouch pa chaj .Pourquoi en est-on comme dab chez NOUS, toujours aux constats, aux dénonciations, et non pas au suivi des progrès ?
Pourquoi les autorités judiciaires n’ont-elles pas été saisies avant, alors qu’elles ont la responsabilité de contrôler toutes les formes de privation de liberté, dans des délais prescrits par la loi ? La loi est-elle respectée par tous et pour tous A KAZ ?
Pourquoi notre Péyi, n’a-t-il pas de Projet territorial de Santé Mentale (PTSM) arrêté et publié, alors que le précédent n’avait envisagé des actions que de juin 2020 à décembre 2021. Comment la santé mentale en Guadeloupe peut-elle évoluer sans « boussole » depuis 5 ans, sans suivi d’actions concrètes répondant à nos besoins ?
Qu’en sera-t-il des urgences psychiatriques dans le nouveau CHU, qui laisse derrière lui ses anciens services de psychiatrie seuls sur leur morne ?
Le manque moyen est-il une explication suffisante, quand la Chambre Régionale des Comptes indique que le budget de l’EPSM est passé, entre 2020 et 2024, de 70 millions à 94 millions d’Euros ?
La santé est notre hantise. Et le combat mené au Progrès Social et pas uniquement pour l’équilibre du territoire, l’atteste. Les questions sont nombreuses et le « journaleux » que je suis ne peux que les (re)poser, les relayer… An péké jen las. Mais qui a les solutions ?
Il existe pourtant de nombreuses pistes, et les solutions impliquent obligatoirement de nombreux acteurs qui feraient biende se coordonner. Je dirais même nous concernent tous !
Notre conclusion.
Une dernière question du scribe : quand va-t-on passer du constat à la décision, à l’action, à l’évaluation ? Au service de tous les Guadeloupéens. Qui fera en sorte que la santé mentale en Guadeloupe ne soit pas une éternelle « grande causerie », mais une véritable cause etune réelle réussite ?
Vigilance. La responsabilité est un affaire collective. Two ta. Two trist !
DURIZOT JOCELYN ( Doyen des de Rédacteurs en chef de la Guadeloupe . Membre du Comité international de la Presse Francophone. UPF)














