Le grand débat du Medef 7 candidats face aux patrons

Nos entreprises ont besoin de visibilité, de stabilité, de simplification et de confiance pour investir et se développer(Bruno Blandin)
Une ambition collective.
Le Medef national a initié un débat inédit avec sept des candidats aux présidentielles lors de la Rencontre d’Entrepreneurs de France ( REF) sur le thème du courage.
«Le courage ne consiste pas à tout changer pour que rien ne change mais à dire aux Français que préserver ce à quoi ils sont légitimement attachés comme le modèle social, suppose de remettre le travail au cœur de notre ambition collective ». Patrice MARTIN ( Président du MEDEF-National ).
Beaucoup et n’y voyez aucune malice ou provocation de votre serviteur adepte du dialogue social. A quand un débat face aux syndicats? Voire mêmes les nôtres !
Il y va de soi, qu’en prenant pour thème « Le COURAGE », un débat axé sur l’économique, à quelques encablures( 8 mois) des élections présidentielles, cette REF2026 a eu un écho sans précédent.
Réunissant lors des universités d’été : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tonnelier, sur le court central de Roland-Garros, ce débat a été largement visible et suivi et pas uniquement sur les réseaux sociaux.
Et notre président Bruno BLANDIN » Président de l’UDE-MEDEF Guadeloupe Co-Président du Comité Outremer du sans langue de bois s et de la Guadeloupe dans le réalisme, la responsabilité et la lucidité qui le caractérise , comme d’habitude, en conscience, a dit , ce qu’il avait à dire.
Extraits des points forts de son discours.

Les interventions que nous venons d’entendre montrent une chose : de la Guyane à la Réunion, de la Guadeloupe à la Polynésie Française, de la Martinique à la Nouvelle-Calédonie, de Saint-Martin à Saint-Pierre-et-Miquelon, les situations sont différentes.
Mais derrière cette diversité, les messages convergent pour investir et se développer. Nous connaissons les handicaps structurels auxquels elles sont confrontées. Nous les documentons depuis des dizaines d’années. Il faut maintenant apporter des réponses.
Un cancer !
Je voudrais revenir sur un sujet qui est en train de devenir un véritable cancer pour nos économies ultramarines : les délais de paiement.
Notre Président, Patrick Martin, en a d’ailleurs fait récemment une priorité au niveau national. A noter que le MEDEF a demandé à la Cour des Comptes de conduire un audit national sur les pratiques de paiement des acheteurs publics.
Dans nos territoires ultramarins, où le tissu économique est largement constitué de petites entreprises et où les difficultés de trésorerie sont particulièrement fortes, cette question prend une dimension d’autant plus préoccupante.
Lorsqu’une entreprise réalise un marché public et doit attendre des mois, parfois près d’un an, avant d’être payée, ce n’est pas une simple difficulté administrative. NDLR ( mè du foutaj de gèl).
Pendant ce temps, elle doit continuer à payer ses salariés, ses fournisseurs, ses charges, ses emprunts.
Et derrière ces mécanismes, il y a une réalité beaucoup plus simple : nos entreprises meurent de leurs créances et non pas de leurs dettes. Cela ne peut plus durer !
Propositions.!
Nous devons également regarder en face une autre urgence : celle de l’emploi des jeunes. Car, nous ne pouvons pas accepter de voir une partie de notre jeunesse ultramarine rester durablement éloignée de l’emploi, pendant que nos entreprises nous disent manquer de compétences et peinent à recruter.
Nous proposons donc : de travailler à nouveau sur un Pacte pour l’emploi des jeunes dans les Outre-mer, construit avec les entreprises, adapté aux besoins mais de chaque territoire.
Notre priorité doit être simple : permettre à un jeune ultramarin de se former, de travailler, d’entreprendre et de construire son avenir sur son territoire. Cela suppose évidemment des entreprises capables d’investir. Et c’est là que nous devons changer d’échelle.
Mais l’investissement ne se décrète pas.
Pour véritablement libérer l’investissement privé, nous avons besoin d’un choc fiscal et d’un choc de simplification : d’une fiscalité stable, pérenne, lisible et suffisamment attractive pour encourager la prise de risque et renforcer les fonds propres, adaptée à nos réalités.
Une méthode
Et puis, il y a une question de méthode. Depuis trop longtemps, nous avons le sentiment que le monde politique parle beaucoup des Outre-mer mais n’écoute pas suffisamment ceux qui y entreprennent, y investissent et y créent des emplois.
Les chefs d’entreprise ultramarins ne demandent pas à être consultés une fois les décisions prises. Ils demandent à participer à leur construction.
C’est pourquoi nous portons aujourd’hui une proposition très claire : nous souhaitons que, dans les cent premiers jours du prochain mandat présidentiel, une véritable loi d’orientation et de programmation pour les Outre-mer voie le jour.
Une loi qui donne un cap et de la visibilité sur cinq à dix ans.
Une loi qui donne enfin aux territoires et à nos entreprises les moyens de construire leur développement économique dans la durée. Mais surtout, une loi qui soit construite dès son origine avec les territoires et avec les entreprises ultramarines.
Nos chefs d’entreprise comme nos compatriotes , sont résilients, ils sont ambitieux et courageux. Ils ne demandent pas davantage d’assistance et d’argent. Ils ne demandent riend’autres , les moyens de créer davantage de richesse.
Et surtout, ils demandent que l’avenir de nos territoires soit pensé et construit avec eux, dans une intelligence collaborative, dans la simplification et l’adaptation.
DURIZOT JOCELYN ( Doyen des rédacteurs en chef du péyi de Guadeloupe)















