Mes salutations d’octobre, chers lectrices et lecteurs ! 

Côté étymologie, octobre a peu de secrets à nous livrer. Son nom vient du latin « octo – huit ». Il était en effet le huitième mois du calendrier romain, à l’époque où l’année commençait en mars. Depuis, le calendrier a changé d’ordre. Octobre, lui, a gardé son nom, il faut croire qu’il y tenait.

Octobre est rose. 

Ce mois-ci, j’ai eu la joie de voyager en avion avec un équipage entièrement féminin, pilote comprise. Les membres de l’équipage arboraient le petit ruban rose, symbole de la lutte contre le cancer du sein. Tout au long du mois, la sensibilisation au dépistage et la collecte de fonds sont à l’honneur. Les initiatives fleurissent un peu partout. En Guadeloupe, les foulées traversent les villes, et les pas se mêlent sur le bitume pour soutenir les associations et leurs actions. Les voix s’élèvent, les kilomètres s’accumulent et chaque pas, nous montre la voie de la contribution à l’avancée de la recherche. La science d’hier n’est pas celle de demain. La recherche a besoin de moyens, et chaque contribution compte. Du dépistage aux traitements, de la nutrition à la chirurgie, de la thérapie au textile, les parcours sont multiples ce qui importe c’est que les progrès se poursuivent. Il s’agit aussi de mieux comprendre les transformations du corps des femmes et de répondre à leurs besoins avec des soins adaptés, à chaque étape de la vie.

Octobre apporte aussi une certaine douceur, celle d’une saison qui change. Sur le continent européen, les feuilles mortes se ramassent à la pelle. Les poètes trouvent l’inspiration. Peintres et amateurs de nature s’imprègnent de la diversité des couleurs et de la lumière, qui ravivent les sens. Ici, nous sommes toujours en saison cyclonique. Le temps nous surprend entre soleil, pluie et rafales, tandis que la mer s’agite au gré des vents, sculptant les fonds marins. Octobre nous rappelle que notre pouvoir a ses limites. Nous pouvons déstabiliser le climat, mais nous n’avons pas la main sur la météo.

L’île, elle, vit à son propre rythme, loin du tourisme de masse. Les saisonniers se reposent ou profitent de cette période pour effectuer des travaux et préparer l’accueil des prochains visiteurs.

Octobre est rose, mais aussi bleu. La Semaine bleue met à l’honneur les « Gran moun » et les retraités, ces aînés qui étaient là avant nous, ses baby-boomers. Ils ont grandi dans l’après-guerre, l’après « tan à Sorin ». Ils ont hérité des combats menés avant eux, puis parfois pris le large pour bâtir leur vie ailleurs.

Enfants certains d’entre eux ont connu, le linge lavé à la rivière, le fer à repasser chauffer sur le charbon, le fer à lisser les cheveux et le linge amidonné, et d’autres us et coutumes de leurs quotidiens. Ils se souviennent des grandes réunions de famille, des soirées partagées, des « yé krik, yé krak » qui appelaient les contes. Ils ont vu leur monde se moderniser et leurs enfants quitter l’île. Eux aussi ont voyagé. Aujourd’hui, beaucoup s’investissent dans la vie associative, où leur bien-être, leur expérience et leur créativité trouvent toute leur place.

Leur parcours nous rappelle que chaque génération hérite d’un monde et contribue à façonner le suivant. En Guadeloupe, la culture se transmet d’une génération à l’autre, au fil des récits, des gestes et des souvenirs. Notre île est parfois rapprochée d’Okinawa, au Japon, souvent présentée comme une « zone bleue » où la longévité est remarquable. Cette comparaison invite à réfléchir aux habitudes de vie qui peuvent favoriser le bien-être : une alimentation longtemps ancrée dans les produits locaux, une vie sociale riche, l’entraide, la spiritualité et le lien à la terre. Nos aînés ont souvent jardiné, comme leurs parents avant eux. La terre les avait nourris ; ils ont continué à en prendre soin. Ils nous ont aussi encouragés, nous, la génération X, à étudier et à choisir une vie moins rude. Car travailler la terre chaque jour, sous le soleil des Antilles, n’a rien d’une promenade. En faire un loisir, en revanche, peut devenir un vrai plaisir.

Et puis, en octobre, il y a Halloween, une tradition beaucoup moins suivie en Guadeloupe. Ici, les citrouilles et les fantômes n’ont pas encore réussi à détrôner nos propres histoires… et c’est très bien ainsi. Novembre est à venir.

Aujourd’hui la pratique du jour est la contemplation : 

Je vous invite à vous asseoir dans un espace confortable dans votre jardin. Si vous n’avez pas de jardin, prenez une plante en pot. Mettez votre chronomètre sur votre téléphone 5 mn de temps.  

  • Inspirez par les narines remerciez cet arbre, cette plante pour l’oxygène qu’il vous donne gratuitement chaque jour. 
  • Expirez longuement par la bouche ou les narines. Offrez-lui votre respiration avec générosité
  • A un moment portez votre attention, sans rien faire sur ce cadeau de la nature. Il est normal que vos pensées divaguent, laissez vos pensées faire, votre seule action est de rester connecté à cet arbre et cette plante. Profitez juste de ce moment, d’apaisement dans une contemplation, sans rien attendre en retour. Juste le plaisir de vivre dans la pleine conscience, la relation entre vous et la nature.

Je vous souhaite un bel octobre, riche de rencontres, de petites joies et de bonnes raisons de prendre soin les uns des autres.

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp

Derniers actualités

Retour en haut