J’ai relu pour vous

Le succès deCapital dans l’anthropocène

Dans les 20 prochaines années peut-être, je pense dit – il , que la situation va empirer. Le capitalisme va stagner, il y aura plus d’inégalités. Je pense que nous sommes à un moment de bifurcation. Le fascisme, ou le communisme de décroissance.(Kōhei Saitō)

Pour rappel !

Rappelons que l’Anthropocène est une nouvelle époque géologique qui se caractérise par l’avènement des hommes comme principale force de changement sur Terre, surpassant les forces géophysiques. C’est l’âge des humains ! Celui d’un désordre planétaire inédit. Pour la première fois, ce sont en effet ses habitants qui sont devenus les principaux moteurs des changements qui l’affectent.

L’ouvrage développe une théorie de la décroissance qui redonne à la notion ses lettres de noblesse et, ce faisant, vient percuter le fondement même de nos sociétés productivistes.

Autant dire que notre curiosité fut grande autour de ce livre, déjà traduit en douze langues. 

Et ce d’autant que votre serviteur y a consacré une chronique (Progrès Social du 9 mai 2017) non pas sur la décroissance, mais l’impossible décroissance. Il ne reste pas moins vrai, que je rejoins Kōhei Saitō, quand il préconise qu’il nous faut inventer des modes de vie, des systèmes qui puissent aussi s’universaliser

A NOTER que l’ouvrage de l’économiste Kōhei Saitō sur la décroissance, repose sur une théorie qui s’appuie sur Marx pour défendre un rapport écologique au monde et le décoloniser.

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Il ne s’agit pas de révolution mais d’un tournant radical.

Kōhei Saitō lui, évite un mot qu’on associe systématiquement au Marxisme, « Révolution. « C’est un choix conscient« , car au Japon, souligne-t-il, « nous ne jetons pas de pierres sur la police quand nous manifestons, nous ne brûlons pas de voitures« .

Mais c’est bien là, chers lecteurs, un tournant radical que prône Kohei Saito, pas celui d’une « croissance verte » ou d’un « écosocialisme » sous des gouvernements de gauche. Au contraire : réaliser un modèle de société que Marx n’a pas eu le temps de dessiner, lui qui à la fin de sa vie était fasciné par les communautés agraires médiévales de sa région natale en Allemagne, les « Markgenossenschaften ». Le projet est pointu, et la résistance du capitalisme à son propre effacement risque d’être impitoyable. Kohei Saito y croit, « politiquement optimiste » :

 Faut – il conclure ?

Quelques éléments partagés. La croissance pour beaucoup est synonyme de course à la productivité et au gaspillage. Un acharnement à faire du développement si souvent mal   maîtrisé et « égoïste ». Et qui serait en fait néfaste, à la nature, à la planète donc à l’homme !

Les écologistes, les alter mondialistes et des utopistes, chez nous aussi, partisans de la décroissance, militent de plus en plus pour la décroissance.

Ils incitent à réfléchir à un nouveau modèle économique et à une refonte de la hiérarchie des priorités et des valeurs.

Et à la solidarité envers les pays sous développés, car l’enrichissement des pays du Nord va de paire avec la misère affligeante des pays du Sud. (Travail d’enfants, sous salaire, conditions d’hygiène et de sécurité inexistantes).

Mais aussi de déforestations, de pollutions des terres agricoles et de l’eau.

  Il n’en reste pas moins vrai que les sociétés dites développées sont des temples de la consommation !  On peut raisonnablement se demander, si la décroissance, perçue comme de la frugalité, une régression, n’est pas une utopie de plus ?  N’y a – t- il pas un paradoxe !

 Ceci dit, l’idée de décroissance à nos yeux, n’empêche nullement de revoir la hiérarchie des priorités et des valeurs.Pour rappel, il n’y a pas si longtemps, les économistes et les penseurs (capitalistes ou communistes) propageaient l’idée qu’il y avait une possibilité infinie pour exploiter la nature et une obligation de développer l’économie de croissance pour répondre à la demande sociale.

De nos jours encore avec la crise qui n’en finit pas, l’idée de croissance et pas seulement en France, reste liée au développement de l’économie (surtout endogène) pour nous, et surtout de l’emploi.

La lutte pour l’emploi, c’est aussi la hantise des jeunes, du gouvernement et  des familles. Sans croissance pas d’emploi. Une croix donc sur le bien – vivre ensemble !   Quel crédit donc accordé valablement à ceux qui pensentque « la croissance tire les leviers de la destruction » ?

 Certes on ne peut rester de marbre quand Gérard MOREAU (V. son ouvrage « Devenir de véritables citoyens du monde » dénonce la croissance qui devient un but en soi, une logique de production lancée sans contrôle. Alors que les besoins premiers de toute société devraient faire en sorte que chacun se loge, se nourrisse et se soigne convenablement.

Au lieu de cela, le modèle croissance (de malcroissance) débouche sur la destruction des relations sociales, les écarts entre riches et pauvres se creusent, à l’échelle de la planète, comme au cœur des pays nantis ; il débouche sur la destruction de la biosphère : disparition accélérée des espèces, pollution généralisée, avec des molécules de synthèse dans le sang de chacun d’entre nous, épuisement des ressources minérales.

 Peut-on produire plus et mieux, dans l’intérêt de tous ?

Et que la croissance enfin, soit synonyme d’emploi, de solidarité active envers les plus démunis (précaires, vieux.). Mais pourvu qu’elle soit régulée et soumise à une éthique basée sur la connaissance, et sans cesse évaluée ?

Cela passe par la responsabilité individuelle et collective et par une politique de la transparence.

Les dépenses publiques peuvent et doivent être mieux maitrisées ! Et pour notre émancipation, une priorité pour la santé mais aussi pour l’éducation, l’apprentissage, le transport et la sécurité !

Mieux vaut éduquer un jeune, lire davantage le Progrès Social, News Antilles, qu’il aille en prison ? Qu’il interroge ses capacités et son devoir envers la société. Et qu’il ait un pouvoir d’achat.  Devenant un acteur d’une croissance utile car « maîtrisée » et surtout patriotique pour le bien de la planète et de nos sociétés.

Mais quid de la croissance démographique (négative chez nous) qui peut fortement impacter de façon négative la croissance économique d’un pays, mais également son niveau de développement. Les facteurs démographiques contribuent à la croissance par l’accumulation de capital (surtout et aussi privé).  Mais aussi à l’investissement dans l’éducation, l’élévation du revenu par tête et l’effet sur la productivité du travail.

 La croissance de la population favorise la croissance économique d’une façon « permanente.  

 Mais faut – il encore que la gouvernance politique en fasse bon usage et ne gaspille pas les fruits de cette croissance par des actions ou des initiatives stériles, des incompétences avérées. Et reconduites !

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